Partis hier depuis hier depuis le bivouac de Merzouga, les équipages ont rallié Marrakech ce vendredi, terme de l’étape marathon et de cette 20e édition du 4L Trophy. Une ultime aventure de piste inoubliable. Sous l’arche d’arrivée, la fierté d’avoir réussi se mêlait à une intense émotion.

Ils viennent d’écrire une histoire peu commune. De celles qui nous transforment et nous donnent l’envie d’aller un peu plus loin. Pour tous ces équipages, l’aventure n’a pas commencé il y a une semaine, mais des mois, voire des années auparavant. Ils ont appris à monter un projet, à surmonter les obstacles qui se présentaient à eux. Et ils ont réussi. Sous l’arche d’arrivée de la place Bab el Jdid de Marrakech, applaudis par les familles, sponsors et amis venus les accueillir, la phrase revenait en boucle dans la bouche des Trophistes : « Le 4L ne se raconte pas, il se vit ». Après l’ultime baroud de la mythique étape marathon, ils en ont tout de même dit un peu plus. Beaucoup plus.

Le marathon, ses 230km de spéciale à travers les pistes du grand sud, la magie de ses paysages, sa nuit en bivouac en autonome, ses plateaux roulants… Ces 48h de liberté totale incarnent la dimension d’aventure du 4L Trophy. Pour les mieux classés, la pression est maximale. Tout peut se jouer à un embranchement de piste raté. On y avance à son rythme. On y choisi son bivouac pour la nuit. On s’y ouvre à l’imprévu, à la découverte, loin des smartphones et des réseaux sociaux. L’entraide est devenue un réflexe, comme de passer une vitesse. On y vit une nuit exceptionnelle. « On a fait notre petit feu de bois. On a chanté, racontent Noé et Manu (2197). Les couleurs étaient magnifiques au réveil. On a vécu une nuit sublime, étoilée, inoubliable. » On s’y libère, sous l’arche d’arrivée à Tazarine, sortie du désert et terme de la compétition, puis à Marrakech après une superbe route vers l’Ouest, ponctuée par le passage du col de Tichka, dont l’altitude (2260m) nous bouche les oreilles.

« Je me faire tatouer ‘4L forever’ sur le bras »

A Marrakech, Guillaume et Alicia (117) étaient attendus par dix membres de leur famille. « Ils se sont presque jetés sous nos roues », rigole Alicia. Les mamans et les papas ont lâché quelques larmes. Et le couple témoignaient de son expérience inoubliable : « C’était génial, magique. C’est l’aboutissement de deux ans de travail. Ça donne envie de faire plein d’autres projets. Tout est possible. Tu pars avec une voiture qui a 35 ans, et tu fais 6000km avec, d’un coup ! Notre 4L, c’est le 3e membre de l’équipe. » Un peu plus loin, Anna et Fanny (1649) en voulaient encore. « C’est fini, on est déprimées. Ça veut dire que c’est la fin du trip. On veut le refaire la semaine prochaine. C’est passé tellement vite. On est fières, fières de la voiture. On n’est pas encore redescendues de notre petit nuage. Tout est fou. Je me faire tatouer 4L forever sur le bras. »

« Tout le monde est ton pote »

Jusqu’au matin du départ à Biarritz, Marine et Julien (182), ont pensé ne pas pouvoir partir, à cause d’un moteur à changer. Mais ils se sont accrochés. Ils ont cru en ce nouveau moteur dont ils ignoraient s’il était fiable ou non. Et ils sont allés au bout. « C’est un exploit, s’enhardissait Julien. C’est une immense satisfaction personnelle. Ça fait du bien de faire de choses qu’on voit d’habitude à la TV. On peut réaliser ça nous aussi. » Ce couple qui s’amusait d’être « toujours ensemble », a goûté chaque instant du rallye raid et de son atmosphère.

« L’ambiance est top, dès qu’il y a une galère, tout le monde est là pour aider, racontait Marine. Dans notre culture, on n’a plus trop l’habitude de l’entraide. Tout le monde avait toujours le sourire. Même à Boulajoul, dans le froid et la pluie, on faisait la fête. On chantait. » « Tout le monde est ton pote, prolongeaient Maxime et Robin (146). Chaque jour, on rencontre des gens nouveaux. On se perd, on se recroise, on prend les numéros. C’est magique, on a du mal à réaliser. Nos copains sont en cours et nous on était dans le désert… » Fiers, ils peuvent l’être. Ces Trophistes ont partagé, donné, et se sont tirés les uns les autres vers la ligne d’arrivée. Une magnifique leçon de solidarité. Bravo. Même si pour l’heure, un sujet d’importance les préoccupe… La douche. Ils l’ont bien méritée.