Pour ce troisième jour de compétition, les équipages étaient à nouveau divisés en deux groupes qui ont évolué sur deux boucles distinctes. Ce mercredi, focus sur la boucle « Oued Ziz », qui outre quelques bacs de sable, a fait la part belle à la navigation.

Ce n’est pas « où est Charlie » mais presque. Le matin au bivouac, les équipages jouent à un drôle de jeu. L’objectif, trouver sa place au classement. Pas facile. Un classement au 4L Trophy, c’est 41 pages A4. Il faudrait presque un road-book pour s’y retrouver. Ça tombe plutôt bien, après trois jours de compétition, les Trophistes sont passés maîtres dans l’art de trouver leur chemin au milieu du désert. Si hier on a pu observer quelques jolies « moutonnades », comme ces quelques 200L qui ont suivi une poignée d’équipages partant dans la direction opposée de celle du road-book, ce mercredi, les Trophistes avaient retenu la leçon.

Grand beau sur Merzouga. Bien reposés, les Trophistes piaffent d’impatience sur la ligne de départ. Le road-book indique précisément 112,4 km pour cette étape intitulée « Oued Ziz ». Les phares sont allumés (sinon pénalité !). Face à eux, des décors sans repères, des pistes qui partent dans tous les sens. Quelques collines, des antennes, des lacs asséchés, des cairns, quelques bâtisses et parfois un acacia qui déploie son ombre au milieu de rien. Voilà pour les indices. Dans ces conditions, la boussole devient notre meilleure amie.

« Ça passe crème »

Au milieu de ces paysages « plats et noirs, extraordinaires », Antoine et Baptiste (1876) se sont régalés. Petite leçon de navigation avec ce tandem, classé 209e à l’issue de la première étape. « J’aime lire les cartes, on ne s’est pas perdu. On est passé tranquille, sourit Antoine. On a fait deux kilomètres de moins que le road-book. Je donne les indications. J’anticipe. Quand on fait des pauses, je me repositionne bien, je fais le point. On a amené une grosse paire de jumelle de l’armée. Super pratique ! On n’était pas du tout venu pour le classement, mais on se prend au jeu ! »

Il y a eu des oueds et des bacs de sable. Passés allègrement grâce à l’entraide et une organisation bien rôdée. Avec cette expression devenue culte pour ponctuer un passage réussi : « Ça passe crème ». Les Trophistes sont prêts pour le bouquet final. Le marathon. Une étape mythique du raid, avec sa nuit en autonomie, ses 230km de piste jusqu’à Zagora, porte de sortie du désert. Lors de son briefing du soir, Jean-Jacques Rey a prévenu les équipages : « Ménagez vos voitures, ne perdez pas trop de temps. En attendant, profitons de ce soir. C’est le dernier que nous passons entre nous. C’est toujours un moment spécial. » L’histoire continue.