A l’occasion des 20 ans du raid, nous vous proposons chaque jour une plongée dans l’histoire du 4L Trophy. Ce mercredi, rencontre avec l’une des figures du 4L, Gilbert, mécano des débuts, toujours sur la piste à 77 ans.

C’est un sacré type. A 77 balais, il avale encore ses cent bornes de vélo chaque week-end, crapahute en montagne, et part faire du ski avec les amis en hiver. Et pas pour profiter du vin chaud en haut de pistes. Avec son verbe coloré, on se régale de ses récits passionnés et empreints d’humilité qui nous emmènent sur des sommets à 6000 comme au fin fond de l’Afrique. Tel est Gilbert, incroyable personnage qui vit cette année son 19e 4L Trophy. Cet ancien mécano spécialisé dans les boites de vitesse de grosses voitures américaines n’en a manqué qu’un, le premier.

« J’ai beaucoup de chance »

Lors des premiers rallyes, Gilbert assurait les réparations et la tambouille. « Il changeait un réservoir et servait les pâtes dans la foulée, rigole Franck Rey, ouvreur historique du 4L et compère de toujours. On le voyait se faire alpaguer sans cesse sur la piste, passer d’une voiture à une autre. » Occupé à bricoler des Cadillac (il en a eu plusieurs) tout au long de l’année, Gilbert (prononcez Gilberrrt), plongeait avec bonheur sous les capots des 4L pendant ses congés. S’il a aujourd’hui délaissé les moteurs, il toujours est là, prêt à gambader pour rendre un service ou rassurer un équipage. « Ces jeunes, je les aime bien, je les sens bien. Ils sont gentils comme tout. J’ai de très bons contacts avec eux, confie Gilbert. C’est un peu comme si c’était tes gosses. Ils me considèrent peut-être un peu comme l’ancien qui peut apporter un peu de sagesse. J’ai l’impression que ça m’aide à vieillir. J’ai beaucoup de chance. » Ceux qui le croisent en ont aussi.