Les 1450 équipages de cette 20e édition se sont élancés hier depuis le village départ de Biarritz.  Direction Algéciras, port d’embarquement vers Tanger, qu’ils ont progressivement rallié ce vendredi. Une étape de liaison au cours de laquelle les participants ont découvert l’atmosphère unique du « 4L ».

Devant eux, 1200km. Pas encore de la piste et du sable, mais un premier objectif, Algéciras. On pourrait croire la traversée monotone. Pas pour les Trophistes. Car dès l’Espagne prend forme l’esprit qui va accompagner les équipages pendant les dix jours d’aventure. Tous les ingrédients sont déjà là. La découverte d’abord avec  ces détours imprévus qui ont embarqué certains jusqu’à la frontière du… Portugal (proche de la route de l’ouest il est vrai). Pour passer la nuit, certains ont choisi le confort le confort d’une auberge. Aymeric et Mélanie (1622) se sont confortablement installés à l’arrière de leur « F6 », où un petit lit bien installé les attendra chaque soir. Ce vendredi, beaucoup ont laissé reposer les moteurs et profité de l’ombre des orangers de Séville. Tout au long du parcours, ils se sont salués, ont parlé. Ont parfois troqué les compétences d’un incollable en moteur de 4L contre un bon sourire.

Telle est la magie du raid-rallye. Ce sentiment d’appartenir à un groupe qui partage la même direction. Oui, on aura du mal à retenir tous les prénoms. Pas grave. On demande quand même. Et on ne se pose même pas la question de savoir si on s’arrête pour demander « tout va bien ? » au trophiste penché sur son capot. C’est comme ça. « C’est que du bonheur, s’enthousiasment Augustin et Calixte (958). Tout le monde se parle. Dès que l’on voit une panne, on s’arrête. On donne le coup de main. » Cyrille et Maxime (379) par exemple. Bloqués par un alternateur capricieux au beau milieu de l’Espagne. Et sauvés par un équipage au nom bien trouvé… les « Ampoules ».

« Une vraie cohésion de groupe »

Samir et Augustin (72), participants de l’édition 2015 revenus pour les 20 ans, ont rapidement retrouvé leurs réflexes de Trophistes. La tchatche facile, le duo sait y faire pour engager la conversation. Digne d’un speed dating façon 4L. « On se demande d’où on vient, comment on s’appelle, ce qu’on fait dans la vie, énumère le tandem. On se parle des 4L, de la préparation. Et surtout, on se donne rendez-vous pour plus tard ! » Et même à 3000, souvent, ça marche. « Il y a une vraie cohésion de groupe », prolongent Laura et Alice (74). Cette cohésion prendra encore plus de sens plus tard, dans les bacs de sable du grand sud marocain. Ce sera bientôt.

Mais il faut d’abord franchir le fameux détroit de Gibraltar. Pour une moitié des participants, la traversée est prévue pour demain après-midi. Les autres embarqueront dimanche matin, très tôt. Ce vendredi aux alentours de 22h, près de 1000 équipages avaient passé le pointage d’Algéciras. Un rendez-vous a été fixé à tous pour le premier briefing de l’aventure à 12h samedi. Ils auront alors leur road-book en main. On s’approche.